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Interview du vénérable Ange-Edouard POUNGUI au Journal «Le Cocorico» du Congo-Brazzaville

Posté par aep1 le 11 novembre 2011

Ange-Edouard POUNGUI, ancien Premier ministre, Vice-président de l'UPADS -1Q : Monsieur le Président, vous venez d’être élu sénateur de de la BOUENZA à la Chambre Haute du Parlement. Quels sont vos sentiments ?

R : Comme je l’ai déjà dit à certains de vos confrères, je tiens avant tout à dédier cette victoire à mon très cher frère cadet, le regretté Jacques MOUANDA-MPASSI« Paix à son âme !», que le Seigneur a rappelé à Lui, au moment où nous avions encore besoin de lui. Vous vous souvenez sans doute de la manière dont il avait été injustement privé de sa victoire aux législatives de 2007, dans la circonscription de Nkayi. Comme si cela ne suffisait pas, en 2008, il avait été scandaleusement écarté de la mairie de Nkayi par une majorité hétéroclite constituée pour la circonstance et qui, comble de malheur, comptait en son sein, des traitres à leur parti l’UPADS. Là où Jacques se trouve actuellement, je le vois tressaillir de joie, à l’annonce de mon élection, en qualité de sénateur de la Bouenza. Jacques c’est le moment de te redire que je ne t’oublierai jamais !

2.      Q :En tant que figure emblématique de l’UPADS, vous êtes élu au Parlement,  est ce que cela exprime votre cooptage à la majorité présidentielle ?

R : Vous dites bien que je suis une figure emblématique de l’UPADS, vous précisez que j’ai été élu au parlement, comment pouvez-vous tout à la fois me voir élu et coopté ? Non je n’ai pas été coopté par la majorité présidentielle dont l’UPADS ne fait pas partie, mais j’ai été bel et bien élu. Comment pouvait-il en être autrement quand on sait qu’il n’y avait que six places à pourvoir convoitées par 20 candidats dont les six sortants que la majorité recommandait instamment de reconduire ? Si comme vous le dites j’avais été coopté par la majorité présidentielle, je serais alors son septième candidat? Quant à moi j’ai été élu sénateur sous la bannière de l’UPADS qui est et demeure le premier parti de l’opposition démocratique congolaise. A cet égard, je vous informe que l’UPADS compte une trentaine de grands électeurs au sein du collège électoral de la Bouenza. J’ajoute qu’Il y aussi en son sein, de grands électeurs indépendants et ou appartenant à des partis et associations qui ne sont pas affiliés à la majorité présidentielle. C’est du reste les électeurs de ce groupe qui ont  fait la décision. Je leur adresse tous mes remerciements.

Je saisis cette occasion pour vous rappeler que depuis sa création, l’UPADS a fait le choix de la voie démocratique pour accéder au pouvoir. En 1992 le président fondateur de l’UPADS a été élu Président de la République au travers de la première élection démocratique de l’histoire politique de notre pays. En 1997, c’est un coup d’état sanglant qui l’a renversé. Depuis, l’UPADS se bat pour la restauration de la démocratie la vraie,dans notre pays. Malgré l’organisation calamiteuse des élections l’UPADS avait décidé de participer à tous les scrutins qui ont eu lieu dans notre pays. En décidant ainsi,, notre parti a fait le choix de donner la chance à la paix par des actes concrets. En 2002, malgré le climat délétère qui prévalait dans le pays, l’UPADS avait participé aux législatives et avait obtenu 8 députés environ à l’Assemblée Nationale. En 2007, l’UPADS a porté le nombre de ses élus à l’Assemblée nationale à 11 si ma mémoire ne me trahit point.En 2009, malgré l’invalidation injuste de ma candidature à l’élection présidentielle, notre parti avait pris acte de l’ostracisme dont son candidat avait été victime, sans recourir à la rue. En conclusion, la progression de la démocratie est apparemment lente mais,croyez-moi,elle est irréversible car, depuis 2006, l’UPADS a entamé sa longue marche pour la reconquête du pouvoir par la voie démocratique.

3.      Q : L’UPADS va certainement s’organiser en groupe parlementaire avec ses cinq sénateurs : pensez-vous que cela changera quelque chose au moment où l’opposition reste minoritaire au sein de l’hémicycle ?

R : La constitution d’un groupe parlementaire de l’UPADS au sein du Sénat est dans nos objectifs. Oui, un tel groupe jouerait,j’en suis sûr, un rôle significatif dans le débat démocratique au Sénat, surtout si comme je le souhaite, il est renforcé par l’arrivée d’autres sénateurs de l’Opposition, notamment ceux du Front des partis de l’Opposition Congolaise. Au demeurant, pourquoi l’opposition d’aujourd’hui ne serait-elle pas la majorité de demain au Sénat et ailleurs ? La démocratie ne se conjugue-t-elle pas avec l’alternance ? Gageons qu’en 2014, la configuration du Sénat changera. Nous travaillons à ce qu’il en soit ainsi.En attendant, nous n’en sommes pas encore là. Mes camarades et moi, sommes des « non- inscrits », c’est-à dire que nous n’appartenons pour le moment, à aucun groupe parlementaire.En revanche, je profite de cet entretien pour vous signaler en passant, que l’UPADS dispose déjà d’un groupe parlementaire très actif à la chambre basse.

4.      Q : Qu’elle est votre opinion sur la composition du bureau du Sénat qui ne contient aucun membre de l’opposition ?

R :Sauf erreur de ma part, le Règlement intérieur du Sénat dispose en son article 11 que « le Bureau du Sénat doit refléter la configuration politique du Sénat ». Malgré cette disposition, le bureau du Sénat demeure désespérément monochrome. C’est vrai que l’UPADS qui n’a que quatre sénateurs au sein de la Chambre haute, ne peut changer cette situation pour le moment : la loi de la majorité s’impose à nous de façon implacable.

5.      Q :2012 approche, comment s’organise l’UPADS qui chemine sous fond des conflits en son sein ?

R : Notre parti se prépare activement à participer aux législatives de 2012, scrutin important s’il en est. Afin d’assurer le bon déroulement dans la transparence de ce scrutin, notre parti a introduit des propositions de lois au bureau de l’Assemblée Nationale. Ces propositions concernent le découpage électoral, le recensement devant déterminer le corps électoral, le contrôle et la limitation des dépenses électorales des candidats pour mieux combattre l’achat des conscience des électeurs, enfin, la réforme de la CONEL pour en faire un organisme véritablement paritaire et indépendant Il s’agit de propositions responsables qui, si elles sont adoptées garantiraient la transparence et l’organisation apaisée des législatives de 2012.

S’agissant des conflits internes à l’UPADS, je peux vous assurer que nous ferons tout pour les surmonter car nous savons privilégier l’essentiel. Tenez ! C’est bien sur fond de conflits internes que nous avons gagné deux nouveaux sièges au Sénat. Mais nous ne pouvons pas continuer de compter sur notre bonne étoile pour limiter les dégâts. C’est pourquoi, je vous assure que nous serons en ordre de bataille et en lignes serrées pour affronter la bataille des législatives de 2012. Ne vous y méprenez pas. Cette fois, nous ne tolérerons pas que des candidats non investis par le parti, se présentent avec la complicité du pouvoir, sous une bannière même contrefaite de l’UPADS.

6.      Q : La politique congolaise est marquée ce dernier temps par des interdictions des activités des partis de l’opposition. Avez-vous un mot là-dessus ?

R : Les droits d’aller et de venir, d’association, de réunion, de cortège et de manifestation sont reconnus et garantis par l’Etat aux termes de l’article 21 de la Constitution. Toute restriction dans la jouissance de ces droits, constitue une violation flagrante de la Constitution. Les interdictions que vous avez constatées, constituent une violation inacceptable des droits fondamentaux du citoyen. La persistance de telles interdictions par un pouvoir de plus en plus frileux, devra amener les partis à réagir et à se battre sans complaisance, pour défendre et sauver la démocratie en en péril. A ce propos, qui a dit que « le printemps arabe » ou « l’indignation » seraient-ils des exclusivités extraterrestres ?

7.      Q : La municipalisation accélérée est une vision du Chef de l’Etat qui transforme le pays. Est-ce-que cela vous inspire quelque chose ?

: Les populations de chaque département de notre pays, aspirent au développement,source de bien-être pour tous. Pour cela, chaque département de notre pays, devrait être doté d’un programme de développement pluriannuel qui  prend en compte la valorisation des potentialités locales, la satisfaction des besoins élémentaires des populations, le développement des infrastructures locales,  le développement des spécificités locales, etc… Ces programmes départementaux devraient être intégrés bien évidemment au programme général de la nation.

La municipalisation accélérée telle que conduite par le pouvoir actuel est au mieux, un cache-misère démagogique, au pire, un gigantesque scandale. Je m’explique : les critères de choix du département éligible à la municipalisation ne sont pas transparents. En effet, sait-on pourquoi tel département a-t-il été choisi plutôt qu’un autre ? Par exemple : pourquoi n’annonce-t-on pas suffisamment à l’avance, le chronogramme fixant l’ordre dans lequel se déroulerait la fameuse municipalisation ? Ainsi tout le monde saurait quand et pourquoi le département des Plateaux bénéficierait de la sollicitude toute paternelle du Président de la République, pourquoi la Bouenza ou la Sangha devra attendre sagement que le Président daigne penser lui ? Par ailleurs,à quel moment et comment les organes locaux notamment les Conseils locaux composés d’élus locaux,devraient-ils être associés ou à tout le moins, préalablement consultés,  lors du choix des opérations à réaliser ? Trop souvent, les opérations retenues relèvent plus du prestige que du développement et se cantonnent au chef-lieu du département. A l’issue des festivités organisées en grande pompe (dépense somptuaire s’il en est),après que les lampions de la fête se soient éteints à la fin de tout ce processus, après l’inauguration de quelques réalisations, le chef-lieu et tout le département se réveillent le lendemain avec la gueule de bois avec en prime des ouvrages mal construits et des chantiers inachevés ou carrément abandonnés par des entrepreneurs de circonstance. A ce propos, la Commission nationale contre la corruption ne vient-elle pas de dénoncer ce scandale dans un réquisitoire d’une sévérité inouïe ? Qui dit mieux ? Non une telle politique ne peut transformer durablement et harmonieusement le pays !

8.      Q : Avez-vous un message à donner à l’endroit de vos mandants ?

R :Je tiens à renouveler ici, mes très sincères remerciements aux grands électeurs de la Bouenza qui m’ont fait confiance en faisant de moi l’un de leurs six mandataires au Sénat de la République. C’est tout à la fois un grand honneur et une grande responsabilité. Je ressens aussi ce moment comme une nouvelle séquence de ma carrière politique que j’entame.

A mes mandants, je voudrais dire que leur rôle ne s’arrête pas avec mon élection au Sénat.J’aurai besoin de leurs conseils, de leurs critiques et de leurs suggestions. D’ailleurs j’examinerai avec eux ainsi qu’avec mes collègues, la meilleure formule pour rendre efficiente notre commune action, en faveur de notre département notre patrimoine commun, par-delà nos chapelles politiques. Nous en parlerons dès la prochaine session du Conseil départemental.

9.      Q : Votre commentaire sur la mort de Kadhafi ?

R : Paix à son âme mais surtout paix aux âmes des 170 martyrs Congolais, Tchadiens, Français, etc.., morts atrocement au-dessus du désert du Ténéré, dans l’attentat du DC 10 d’UTA le 19 septembre 1989 !

Moi, je n’ai pas la mémoire courte ! Dieu encore moins ! Au jour du jugement dernier Il tranchera ! J’espère que vous m’avez compris.

10.  Votre mot de la fin…

R : Merci pour votre patience, j’ai trop parlé…

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Interview du vénérable Ange-Edouard POUNGUI, Vice-Président de l’UPADS au Journal «La Semaine Africaine» du Congo-Brazzaville

Posté par aep1 le 10 novembre 2011

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1.Monsieur le Vice-Président, vous venez d’être élu sénateur dans le département de la Bouenza, quelles sont vos impressions et que ressentez-vous ?

 

 

aep1.jpgJe dédie d’emblée cette victoire à mon cher cadet Jacques Mouanda-Mpassi, qui nous a quitté voici bientôt deux ans. Là où il se trouve, je le vois, les larmes aux yeux, me sauter au cou et, de sa voix de stentor, tressaillir de joie, à l’annonce de mon élection comme sénateur. Je n’oublie pas de remercier les grands électeurs de la Bouenza qui ont porté leur choix sur ma modeste personne, en bravant toutes les pressions et les intimidations qu’ils ont subies.

2.      Le corps électoral n’est quand même pas acquis à l’opposition, qu’est ce qui a milité à votre élection ?

Le collège électoral aux sénatoriales, est constitué en ce qui concerne la Bouenza, comprend 90 grands électeurs. Je suis conseiller départemental de la Bouenza.Les électeurs sont par conséquent mes collègues que je côtoie régulièrement à l’occasion des sessions du Conseil départemental. Ici, les clivages partisans s’estompent. Que l’on soit de la majorité ou de l’opposition, nous avons tous à cœur le développement de la Bouenza pour le bien-être de ses populations. Par ailleurs, l’UPADS détient le tiers des conseillers. Je crois savoir que l’UR et le PCT qui se sont rassemblés au sein du RMP n’en compterait qu’une dizaine. Le reste est constitué d’indépendants ou de partis et associations qui n’ont pas avec le RMP, des relations structurelles. C’est donc vers cet électorat assidûment courtisé que les candidats y compris ceux du RMP, se tournés pour combler leur handicap. J’ajoute en ce qui me concerne que sans l’apport des voix des conseillers véritablement indépendants, je n’aurais jamais été élu. C’est le moment de leur adresser mes fraternels et chaleureux remerciements ! D’aucuns ont insinué que j’aurais bénéficié du soutien du pouvoir. A ce propos, n’allez tout de même pas imaginer que le RMP puisse sacrifier ses candidats les plus emblématiques au profit d’un candidat estampillé opposant au fer rouge ?

3.      Comment voyez-vous l’organisation de ce scrutin ?

Sans complaisance, je dois reconnaitre, qu’il y a eu des progrès certains dans l’organisation de ce scrutin. J’exhorte par conséquent le gouvernement à capitaliser cette avancée dans l’organisation apaisée des scrutins à venir. Cette appréciation peut paraitre démagogique. Cependant, elle est fondée sur l’observation des scrutins qui ont été organisés depuis 2008au sein du Conseil départemental de la Bouenza, notamment lors du scrutin ayant pourvu à la vacance inopinée du poste de vice-président du Bureau exécutif du Conseil. A cette occasion, le scrutin s’était déroulé de façon correcte.

4.      Comment envisagez-vous l’organisation des élections législatives de 2012 ?

Naturellement on ne peut pas comparer l’organisation de l’élection législative d’avec le scrutin qui vient d’avoir lieu le 09 octobre 2011. La première est une élection au suffrage universel direct à deux tours et concerne tout le pays, tandis que l’élection sénatoriale se fait au suffrage universel indirect à un tour. Chaque scrutin appelle donc une organisation singulière. Cependant tout scrutin qu’il soit présidentiel, législative, local ou sénatorial, doit être organisé et doit se dérouler dans la transparence car, une élection transparente appelle l’acceptation des résultats.

S’agissant des élections législatives de 2012, l’UPADS présentera des candidats sur l’ensemble du pays. A ce sujet, le parti du Président Pascal Lissouba, a proposé un ensemble de propositions de lois de nature à améliorer l’organisation des prochaines élections législatives dans la transparence. Ces propositions de lois visent la détermination du corps électoral, le découpage électoral et la réforme de la CONEL pour en faire un organe consensuel et indépendant. S’agissant particulièrement du découpage électoral, il est incompréhensible que le district de Madingou par exemple le plus peuplé du pays, n’ait qu’une seule circonscription électorale. De même, je plaide qu’Impfondo soit doté d’une seconde circonscription. Cette injustice devra être réparée avant la convocation du corps électoral.

5.      Que comptez-vous apporter au sénat aujourd’hui ?

J’espère apporter à cette vénérable institution, mon expérience et surtout ma ferme volonté de contribuer à la consolidation de la démocratie, la vraie, telle que j’en ai rêvé à la sortie de la Conférence Nationale Souveraine de 1991.

Propos recueillis par
Pascal Azad DOKO

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