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Message de vœux d’Ange-Edouard Poungui à l’occasion du nouvel an 2010

Posté par aep1 le 2 janvier 2010

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Congolaises, Congolais,

Chers camarades et sympathisants de l’UPADS,

Chers camarades, chers amis.

Nous-nous rappellerons tous que l’année 2009 a consacré le deuil du profond désir de démocratie du Peuple Congolais, et plus spécialement, l’Union PanAfricaine pour la Démocratie Sociale l’U.PA.D.S. notre parti, a déclaré le 12 juillet 2009 journée de deuil national.

La crise mondiale dont les effets sévères se sont manifestés depuis septembre 2008 perdure, et la misère du Peuple Congolais aussi, bien que la production pétrolière soit en nette hausse et que le budget de l’Etat Congolais soit annoncé au double de l’année dernière.

Des ultimatum ont été entendus sur le gouverner-nouveau qui a été promis au Peuple Congolais mis sur un chemin de grande incertitude, alors que le constat de l’abandon prolongé des affaires de l’Etat ne s’est démenti à aucun moment depuis cette élection de triste mémoire.

De même, le constat du recul dans le respect des droits fondamentaux des citoyens dans notre pays s’est illustré par la rocambolesque affaire de l’assignation à résidence des acteurs majeurs de l’opposition.

L’année dernière, nous appelions la communauté internationale par la voix des institutions que sont l’Union Africaine, l’Union Européenne et  la Ligue arabe, par la voix des grands pays parmi lesquels les Etats-Unis d’Amérique et la France, à œuvrer pour le silence des armes et le retour de la paix partout où leur influence peut amener un salutaire repli des conflits ; mais nous constatons que le Nord-Kivu en République Démocratique du Congo, le Tchad, le Darfour, le nord Niger et le nord du Mali ne sont pas encore pacifiés ;  l’imbroglio politique au Zimbabwe souffre d’une tragique stagnation et le drame somalien n’en finit pas de compter ses victimes. Nous réitérons cet appel, et notre regard doit aussi se tourner vers les pays du Golfe, l’Irak, l’Iran, le Yémen, l’Afghanistan et le Pakistan d’où peuvent venir des menaces sévères comme la dernière tentative d’attentat commise pour la première fois par un fils de l’Afrique subsaharienne, cette Afrique Noire trop souvent écartée des grandes décisions internationales, alors que la magie Obama n’est pas encore retombée. La violence appelle la misère qui conduit au désespoir et engendre à nouveau la violence. Il faut mettre fin à ce cercle vicieux.

La déception de la Conférence de Copenhague est toujours dans nos esprits, et nous devons encore pendant de longues années lutter seuls pour la préservation du Bassin du Congo, deuxième poumon de la Terre.

Il est déprimant de voir qu’en ce qui concerne la République du Congo, les performances qui nous sont annoncées par les indicateurs économiques officiels, résumés par un PIB par habitant qui représente quatre fois la moyenne de l’Afrique Centrale et qui dépasse d’un tiers la moyenne africaine, ne se traduisent pas sur le terrain par une amélioration des conditions de vie des Congolais dont, nous le répétons cette année, la baisse constante des possibilités d’accès à un minimum de confort est illustrée par des pénuries endémiques d’eau et d’électricité, par l’état de délabrement avancé des infrastructures urbaines et de l’équipement national, par la ruine même de la dignité humaine.

La confiscation éhontée du pouvoir, doublée de la distribution de prébendes ne saurait être une solution pour sortir le Congo de l’état comateux dans lequel il a été plongé depuis le coup d’état du 5 juin 1997 rejoué lors des mascarades d’élections présidentielles de 2002 et de 2009. Oui, l’élection présidentielle de cette année 2009 était un jeu truqué où le Peuple Congolais n’a pas pu se saisir pour faire de 2009 l’année du nouveau départ. Mais il y a lieu en ce jour, de saluer avec force la grande démonstration de réprobation traduite significativement par l’abstention record au vote du 12 juillet 2009 : le dictateur n’a trompé que lui-même en se contentant de moins de 10% d’électeurs. Encore une fois, je salue la bravoure du vaillant Peuple Congolais qui a préféré rester à la maison, plutôt que de donner caution à un simulacre d’élection.

L’environnement des affaires n’a guerre évolué, au 178ème rang du rapport « Doing Business » de la Banque mondiale. Notre pays le Congo n’est pas à la veille d’attirer les investissements privés. Il est vrai que 65,5% de taux de prélèvement sur les profits réalisés qui se cumulent avec les prélèvements illicites ne peuvent inciter que des investisseurs véreux et complices du pillage organisé par ceux qui confisquent le pouvoir. Quand ramènerons-nous le Congo à la place qui lui convient dans les classements internationaux ?

Sur le plan de la démocratie, bien que nous n’ayons pas été entendus, notre premier devoir et notre inlassable combat avec le Front Uni des Partis de l’Opposition Congolaise le FPOC, est d’exiger avec plus de force et de fermeté ce recensement administratif permettant de déterminer au plus juste le corps électoral, et l’instauration d’une Commission électorale paritaire et réellement indépendante. A ce combat, nous associons de toute évidence l’irréversibilité de la démocratie pluraliste, et la pacification réelle du débat politique tout en évitant les dérives.

Nous ne désespérons pas d’arriver bientôt par nos efforts conjugués, à garantir le caractère national et républicain de notre force armée, à assainir les finances publiques aujourd’hui vampirisées dans des circuits occultes et obscurs, à créer des emplois, à inscrire notre jeunesse dans l’avenir avec l’espoir de l’ouvrir au monde et à doter nos chercheurs d’un outil qui les remette dans la course dont ils ont été écartés avec mépris.

M’adressant aujourd’hui au Peuple Congolais, je ne peux passer sous silence le désarroi dans lequel les travailleurs ont été précipités par une incurie et un aveuglement inexplicables. En effet, alors que les revenus de ce pays, essentiellement tirés de la rente pétrolière, augmentent en flèche, générant chaque année d’énormes excédents budgétaires de l’ordre des 20% du budget, soit plus de 2.000 milliards de francs CFA sans compter l’année 2009, la suspension des effets financiers consécutifs aux différents événements survenant dans la situation administrative, reste en vigueur en dépit des  efforts de négociation entrepris avec courage et abnégation par les organisations syndicales. De même, les primes et indemnités des fonctionnaires  restent réduits.

En dépit des énormes potentialités de production végétale et animale du Congo, la contribution totale au PIB de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche, secteur naguère important, est désormais très faible. La sylviculture et l’exploitation forestière offrent pourtant de réelles potentialités de croissance, de diversification et de création d’emplois en raison de l’importance des réserves naturelles, mais elles sont abandonnées et en net déclin.

Il faut ajouter à ce triste catalogue le niveau stagnant des retraites minables de nos anciens et la situation intolérable des bourses d’études octroyées à nos jeunes.

Tous ces facteurs contribuent à la dégradation du pouvoir d’achat et assoient les fondements d’une paupérisation généralisée des travailleurs, des retraités et même des étudiants de notre pays.

Vous l’aurez compris, fondamentalement rien n’a changé avec l’élection du 12 juillet 2009.

Dans un tel contexte, il est important de tout faire pour préserver les droits des travailleurs et les accompagner pour affronter le comportement inacceptable de ceux qui nous gouvernent depuis 12 ans.

Alors qu’inévitablement les tensions sociales vont s’accroître, il nous est permis de réclamer la justification par un audit impartial, de l’emploi des 2.000 milliards de francs CFA d’excédents et plus globalement, de la conduite de l’économie du pays.

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Congolaises, Congolais,

Chers camarades et sympathisants de l’UPADS,

Chers camarades, chers amis,

Nous avons perdu des camarades qui faisaient le chemin avec nous dans toutes nos luttes. J’aurai une pensée particulière pour Luc MBengué et Jacques Mouanda-Mpassi, éminents membres du Secrétariat National qui nous ont quittés  trop tôt au moment où le parti avait besoin d’eux.

Nous n’oublions pas d’autres noms qui ont marqué l’histoire récente de notre pays : je citerai particulièrement monsieur Bernard Kolélas Bakana qui s’est illustré par sa constance dans les années avant la Conférence Nationale Souveraine.

En ce dernier jour de l’année, nous voulons exprimer une pensée émue à leur égard et envers tous les Congolais qui ont fait cette année l’expérience de la mort.

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Congolaises, Congolais,

Chers camarades et sympathisants de l’UPADS,

Chers camarades, chers amis,

L’heure est à la lutte : nous ne devons en aucune manière baisser les bras car les défis qui nous attendent sont à la hauteur de nos ambitions pour ce beau pays.

Il nous appartient de donner à nos enfants la possibilité de prendre trois repas équilibrés dans la journée ;

Il nous appartient d’amener chacun de nos enfants, adolescents et jeunes à un niveau honorable d’éducation ;

Il nous appartient de donner aux femmes l’accès à une autonomie appréciable ;

Il nous appartient d’améliorer notre système de santé, et plus particulièrement la protection maternelle et infantile ;

Il nous appartient de faire de ce pays vert un sanctuaire exemplaire de préservation de la nature et de l’environnement ;

Il nous appartient enfin de positionner le Congo dans la course du monde, par des partenariats intelligents où chacune des parties sort satisfaite des échanges mutuels.

Voici venir la nouvelle année, 2010. J’adresse des vœux de santé, de bonheur et de prospérité au Président Pascal LISSOUBA, à nos camarades Benoit KOUKEBENE, Moungounga Nkombo NGUILA et Philippe BINKIKITA, en faveur desquels nous continuons et ne cesserons pas d’exiger l’annulation des condamnations qui les  frappent injustement. 

Et nous n’oublions pas le colonel Ferdinand MBAOU qui pour avoir tendu la main pour un retour aux sentiments et aux attitudes fraternelles dont il estimait l’Armée Congolaise digne, croupit avec d’autres prisonniers politiques et militaires dans les geôles du pouvoir de Mpila

J’adresse mes vœux à tous les Congolais répandus dans divers pays qui les accueillent, ainsi qu’aux chefs de ces Etats et aux peuples qui leur ont offert l’asile ou les ont acceptés dans leur émigration volontaire.

Enfin, mes vœux vont à la direction de l’U.PA.D.S. dans ses trois organes, à tous les membres et sympathisants de l’U.PA.D.S., à chaque Congolaise et à chaque Congolais où qu’il soit.

Que vive la République du Congo !

Que vive l’UPADS !

Que vive le Président Pascal Lissouba !

Je vous remercie.

Ange-Edouard Poungui

Ancien Premier Ministre de la République du Congo

Vice-Président de l’U.PA.D.S.

30 décembre 2010.

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